Interrogé par L’Opinion sur la situation sociale alors que débute l’euro de foot, Pierre Gattaz estime que « la France joue gros en termes d’image, de réputation et d’attractivité. Mais aussi en termes de croissance, donc d’emplois ».

« Nos entreprises font face à des blocages, des intimidations, des grèves. Une minorité qui souvent n’est pas concernée par la loi El Khomri bloque le pays. C’est la chienlit pilotée par la CGT et ses affidés », assène-t-il. « Nous ne pouvons pas laisser cette minorité agissante, poussée par un chef jusqu’au-boutiste et irresponsable, tout casser. Ce n’est plus du syndicalisme. C’est de l’activisme et de la politique pure, avec des gens qui dénoncent un système, l’économie de marché, le capitalisme, le patronat… », s’insurge Pierre Gattaz, qui appelle le gouvernement à « faire respecter l’Etat de droit ». Revenant sur le mandatement syndical que le gouvernement veut imposer dans toutes les entreprises, il considère que « quand on voit que sur 5 organisations syndicales représentatives, deux n’aiment ni l’entreprise, ni l’économie de marché, et ont comme mode d’action l’intimidation, la menace, le rapport de force, le blocage, je ne vois pas comment ce dispositif peut être compréhensible et acceptable », « on est loin d’un dialogue social apaisé », ajoute-t-il.  « Alors dans ce contexte, je m’élève contre l’idée que tout dialogue social doit se faire obligatoirement par les syndicats. Les salariés devraient avoir le choix. Il ne faut pas les infantiliser ». Sur la négociation assurance-chômage, Pierre Gattaz refuse « toute nouvelle hausse de cotisation, et toute complexité nouvelle ». « Nous sommes à la recherche d’un accord mais pas à tout prix » et se dit « prêt à assumer un échec ». Commentant la loi Travail, il juge qu’« on est en train de passer à côté de la réforme du marché du travail ». « On nous promettait une réforme du Code du travail, on se retrouve avec un article 2 très théorique, et là encore qui ressemble à une chimère », déplore le président du Medef. « L’article 2 repose sur une bonne intention, mais que l’on a complexifié à l’extrême. Parce qu’une fois encore, la logique qui a primé est celle du donnant/donnant. Résultat : on nous impose l’accord majoritaire à 50 % ! Mais c’est la prime aux plus irréductibles, et notamment à la CGT », dénonce-t-il. Dans son livre bleu, qui sera publié le 21 juin, Pierre Gattaz veut s’adresser aux candidats à l’élection présidentielle en proposant « une vingtaine de doctrines à mettre en œuvre ». Il dévoile l’une d’entre elles : la fin du « syndicalisme – y compris patronal – de subventions », « nous allons ainsi porter l’idée que le paritarisme doit se réformer vers d’avantage d’efficience ». Enfin concernant le compte pénibilité, sur lequel le conseil exécutif du MEDEF doit statuer le 13 juin, Pierre Gattaz affirme qu’« une mise en œuvre du compte pénibilité le 1er juillet est impossible. Techniquement, on ne sait pas faire ». « Alors je le dis aux partenaires sociaux, mais aussi au gouvernement, il faut discuter de ce problème », « on ne peut pas faire des avancées sociales qui affaiblissent la compétitivité des entreprises », assure-t-il.

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